La grève à l’hôpital de Cambrai a été peu suivie, mais les agents restent inquiets

20/01/2016 21:18

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Selon la direction, trente-trois grévistes (2.3 %) ont été recensés sur tout l'établissement de santé ce mercredi. Mais pour la CFTC, qui a lancé l'appel, l'occasion de se déclarer gréviste n'a pas été donnée à tous les agents.

                 
    


La CFTC a tenu un stand toute la journée de mercredi dans le hall du centre hospitalier et est allée à la rencontre des agents dans les services.
La CFTC a tenu un stand toute la journée de mercredi dans le hall du centre hospitalier et est allée à la rencontre des agents dans les services. 

 

Le stand bleu est installé dans le hall de l'hôpital, juste à l'entrée. Des viennoiseries et des tracts sont distribués à ceux qui s'en approchent. Ici, les cinq représentants CFTC sont amers. «Un préavis de grève sert bien sûr à ouvrir le dialogue avec la direction, mais aussi à organiser la grève dans les services, détaille Hélène Mika, responsable départementale de la section santé à la CFTC. Les cadres ont reçu lundi soir les tableaux d'assignation pour savoir quels agents faisaient grève. Mais dans certains services, sauf si les agents se déclarent d'eux-mêmes grévistes, on ne leur a pas fait remplir cette feuille d'assignation. Ça n'a pas été fait à temps. Les chiffres vont être faussés.»

Le directeur de l'établissement Philippe Legros assure que «tout a été fait dans les règles.» «C'est une procédure très encadrée, très stricte.»

 

Le préavis de grève avait été déposé la semaine dernière pour protester contre la suppression des badgeuses le 1er janvier dernier, remplacée par un formulaire à remplir et faire valider par le cadre pour chaque dépassement d'horaire effectué. Une manière de rogner sur les heures supplémentaires dans le but de faire des économies selon le syndicat, une nouvelle relation de confiance pour la direction.

 

« C'est le flou »

Les CFTC, le secrétaire de section Grégory Pinatel en tête, ont déambulé dans les services pour discuter avec les agents en poste, viennoiseries à l'appui. «Comment on fait pour faire grève ? Parce que je suis contre la suppression des badgeuses. Nos quarts d'heure supplémentaires ne sont jamais comptés», demande une infirmière. «Vous pensez qu'on aura gain de cause ? Parce que moi je suis sceptique», affirme une autre. Et les membres de la CFTC de demander dans les services si la fameuse feuille d'assignation a été distribuée. La réponse est souvent négative. Les agents croisés par les syndicalistes reconnaissent que pour compter les heures supplémentaires, «c'est le flou». «Là, on n'a pas de formulaire, on ne sait toujours pas où on en est.» En cardio, «on a les fiches, mais on passe un temps fou à les remplir». «Quand je fais un quart d'heure de plus, je ne le signale plus, soutient un agent des urgences. Si on devait le signaler à chaque fois... Pour le cadre qui doit tout compter, ça prendrait beaucoup trop de temps.»

«C'est la force de l'habitude, on est sur un épiphénomène, rétorque Philippe Legros. Les gens vont finir par s'y faire, quand ils verront à la fin du mois que leur salaire est le même.» Quant à ce quart d'heure que les agents disent ne plus signaler : «Ça montre la conscience professionnelle des gens. Ils n'ont pas la culture du quart d'heure, ici, mais celle de la continuité du soin. Ces quelques minutes en plus, on ne les donne pas à l'hôpital public, mais au patient. »

Article la voix du nord par Lucie Delorme

 

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Article PAR LUCIE DELORME

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